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Vivre et Comprendre

“Il est de la responsabilité de tous de veiller à ce que les nouveaux moyens de diffusion de l'information se traduisent par un enrichissement, et non un appauvrissement du patrimoine culturel mondial.” Pierre Joliot

Pollution : être Parisien revient à vivre avec 8 fumeurs dans 20 m2

Les pics de pollution à répétition qui ont affolé les Parisiens en mars dernier n'étaient pas les premiers. Le 13 décembre 2013, les rues de Paris étaient déjà aussi polluées qu'"une pièce de 20 mètres carrés occupée par huit fumeurs", rapporte "Le Monde" ce lundi 24 novembre.

Ce jour là à 18 heures, pas moins de 6 millions de particules très fines par litre d’air, soit 30 fois plus que la normale, chargeaient le ciel parisien. En cause : le chauffage au bois, le trafic routier et les activités industrielles. Le résultat sur la santé d'un Parisien aurait alors pu être assimilé à du tabagisme passif.

C'est au ballon de Paris, perché au-dessus du parc André-Citroën, dans le 15e arrondissement, que l'on doit ce constat effrayant. Celui-ci a été équipé il y a 18 mois d'un appareil laser réalisé par le CNRS, capable de mesurer en continu la présence dans l'air de particules ultra-fines (moins de 0,1 micromètre de diamètre).

Jusqu'ici, la qualité de l'air était analysée par les stations au sol de l'observatoire francilien Airparif, qui relevaient les concentrations de particules d'un diamètre des PM10 et PM2,5. Le ballon de Paris, lui, permet de peser les particules plus fines -nanoparticules - et surtout, selon "Le Monde", de caractériser "l'empreinte" de la pollution : c'est-à-dire de déterminer si elle est carbonée, d'origine fossiles ou naturelle. Il fournit ainsi "une sorte de carotte de l’air de 0 à 300 mètres d’altitude", résume le quotidien.

Or les résultats font froid dans le dos : dès qu'un Parisien respire, il inhale 100.000 particules, rapporte "Le Monde".

Aucun seuil réglementaire d’émissions n’a été encore fixé pour les nanoparticules. Seules les plus grosses particules, les PM10, sont sujettes à réglementation. Depuis 2008, leur émission est limitée par la directive européenne sur la qualité de l’air à 50 microgrammes par mètre cube d’air (µg/m3) pendant plus de 35 jours et 40 µg/m3 en moyenne pendant une année. Et déjà, la France mauvais élève est aujourd'hui devant la Cour de justice de l'Union européenne pour expliquer sa violation des normes imposées.

Les particules, fines comme ultra-fines, sont classées depuis 2012 par l'Organisme Mondial de la Santé (OMS) comme cancérogènes et pouvant favoriser les maladies cardiovasculaires et l'asthme. Selon l'organisme, parmi les 7 millions de morts causées par la pollution globale de l'air, plus de 2 millions décèdent des suites de l'inhalation de particules fines chaque année.

"Les données recueillies par le ballon de Paris viennent confirmer la gravité de la situation", affirme Christophe Najdovski, l’adjoint (EELV) du maire de Paris en charge des transports, au "Monde". L'ancien candidat à la mairie de Paris présentera début 2015 son plan antipollution.

Principale mesure : la sortie du diesel d'ici 2020 et la mise en place d'une zone à faibles émission. Une décision indispensable dès lors que les moteurs diesel forment l'une des principales sources de particules fines.

Barbara Krief

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