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Vivre et Comprendre

“Il est de la responsabilité de tous de veiller à ce que les nouveaux moyens de diffusion de l'information se traduisent par un enrichissement, et non un appauvrissement du patrimoine culturel mondial.” Pierre Joliot

Emploi: pourquoi Paris et sa banlieue ne font plus rêver les trentenaires

Désireux de gagner en qualité de vie, de plus en plus de franciliens font le choix de s’installer dans de dynamiques métropoles comme Lyon, Nantes ou Bordeaux. Les entreprises essayent de s'adapter.

Avec ses 6 millions de travailleurs, l’Ile-de-France reste LE principal bassin d’emplois en France, loin devant Rhône-Alpes (2,7 millions). Il regroupe encore 25% des actifs dans l’Hexagone. Mais qu’en sera-t-il dans 20, 40 ou 60 ans? Pourra-t-on voir, comme en Allemagne, en Espagne ou en Italie, des métropoles économiques faire plus que de l’ombre à la capitale administrative? Si la question se pose, c’est que la dynamique territoriale ne sert pas Paris depuis plusieurs années.

D’après une étude de l’Insee et de l’Institut d’urbanisme d’Ile-de-France publiée en janvier, l’emploi y progresse moins vite depuis plusieurs années que dans les sept autres régions françaises qui comprennent plus d’un million d’actifs (Rhône-Alpes, mais aussi Paca, Nord-Pas-de-Calais, Pays de la Loire, Aquitaine, Bretagne et Midi-Pyrénées). “Le nombre de départs de l’Ile-de-France vers la province est très nettement supérieur à celui des arrivées de la province”, note ainsi les auteurs de l’étude “Ile-de-France à la page” (voir également graphique). L’écart se resserre, donc, entre Paris et la province. On estime à 200.000 le nombre de franciliens qui déménagent en régions chaque année.

Ce phénomène n’est pas nouveau. L’Insee lui a même donné un nom: le régiotropisme. Il a été récemment mesuré par la plateforme de recrutement monster.fr. D’après un sondage réalisé par OpinionWay, seuls 10% des personnes interrogées rêvent de saisir une opportunité professionnelle en Ile-de-France, contre 55% pour le sud et 22% pour l’ouest. Les cadres ne sont pas en reste, contrairement à une idée reçue qui veut que les emplois à responsabilités soient l’apanage de Paris. Un cadre sur six souhaiterait, s’il change de travail, être en région parisienne contre 51% dans le Sud et 26% dans l’Ouest. Parmi les personnes qui travaillent déjà à Paris, seulement 40% envisage d’y rester, contre 85% et 69% des actifs, respectivement dans le Sud-ouest et le Sud-est qui aimeraient rester dans leur région actuelle. “Il est facile de trouver un emploi en province dans la mesure où l’on s’est préparé et où l’on sait ce que l’on veut y faire et pourquoi on y va, assure Karl Rigal, responsable éditorial de monster.fr. Il y a aujourd’hui de belles opportunités à saisir dans les grandes agglomérations.”.

Qu’est ce qui pousse les franciliens à quitter Paris et sa banlieue? Et les provinciaux à rester dans leurs régions? Comme le montrait le magazine Capital sur M6 dimanche soir en refaisant le match Paris-province, la région Ile-de-France fait fuir beaucoup de trentenaires qui ont ou vont fonder une famille. En cause: le prix de l’immobilier, déjà beaucoup plus élevé qu’en province, qui a flambé de près de 20% depuis 2010 quand les salaires ont progressé nettement moins vite. “Un grand nombre de Parisiens n’en peuvent plus d’être pressés comme des citrons dans les transports, de vivre à un rythme effrené au travail ou encore d’habiter dans de petites surfaces avec des enfants”, observe Karl Rigal. En province, la qualité de vie est meilleure même s’il faut pour cela consentir une baisse de l’ordre “de 10 à 15%” de son salaire. “Tout est une question de calcul, il faut regarder si on est gagnant”, continue-t-il. Par ailleurs, les métropoles sont de plus en plus attrayantes au niveau culturel et multiplient les initiatives pour dynamiser leur territoire.

Conscientes que vivre à Paris et en banlieue devient de plus en plus pesant pour ses salariés, les grandes entreprises ont engagé depuis longtemps une réflexion sur l’ouverture de filiales régionales puissantes qui permettent de faire muter leurs cadres. Elles viennent s’installer notamment dans les métropoles dynamiques et/ou à forte dimension étudiante comme Lyon, Toulouse, Grenoble ou encore Lille. Parallèlement, elles multiplient les gestes envers leurs salariés pour leur faciliter la vie. Crèche d’entreprises, pressing, télé-travail font désormais partie des leviers pour retenir les candidats au départ de Paris, attirés par le soleil, la convivialité ou encore le terroir de nos régions.

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