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Vivre et Comprendre

“Il est de la responsabilité de tous de veiller à ce que les nouveaux moyens de diffusion de l'information se traduisent par un enrichissement, et non un appauvrissement du patrimoine culturel mondial.” Pierre Joliot

Quand 3 jeunes filles sont plongées dans une usine au Cambodge

« Sweatshop », ou atelier de misère, est un terme désignant les usines à textiles des années 1830/1840. Terme péjoratif, il désigne l’esclavagisme industriel qui était employé à la révolution industrielle en particulier sur les travailleuses du textile. On croirait qu’un tel terme a disparu, mais il fut en réalité délocalisé loin d’occident et des yeux des consommateurs. « Sweatshop », c’est aussi le nom d’une émission de télévision norvégienne un peu particulière. Une émission qui va plonger 3 fans de la mode dans la réalité des usines cambodgiennes où sont produits la majorité des vêtements du prêt-à-porter.

Réveil !

Frida, Ludvig et Anniken ne sont pas près de retourner dans un H&M, Zara, ou autre multinationale du genre, sans ressentir toute la difficulté des conditions de vie des travailleuses du textile du Cambodge. Elles, dont le passe-temps favori était de faire du shopping, vont se confronter à la réalité de terrain en se mettant à la place de ces femmes exploitées.

Depuis plusieurs années, les travailleurs du textile réclament un meilleur salaire. Les grèves furent réprimées, parfois dans le sang, par le gouvernement cambodgien qui ne tolère pas les révoltes, l’exportation textile étant un pan important de l’économie du pays. Début 2014, la police avait même ouvert le feu sur les manifestant(e)s qui réclamaient un salaire supérieur. Trop cher pour maintenir la compétitivité ! De nombreuses ouvrières n’ont même pas de quoi manger pendant tout le mois. Néanmoins, suite aux nombreuses luttes, un salaire de 102 euros minimum va leur être accordé début 2015. Pas de quoi crier victoire.

Les 3 intrépides avaient, comme nous tous, déjà entendu parler de ces conditions de travail. Mais la réalité fut bien loin des mots et des images. Les filles vont se mettre à travailler au même rythme infernal que les ouvriers du textile. Après à peine quelques heures, celles-ci vont se mettre à craquer. Mais c’est surtout face aux conditions de vie que la tristesse fut la plus forte. Presque naïvement, elles découvrent des habitations plus petites que leur salle de bain, mais aussi des ouvrières qui partagent des valeurs identiques, les mêmes rêves d’une vie belle et libre.

Surtout, ne pas évoquer H&M

Les producteurs affirment que la mentalité des 3 jeunes fut changée à jamais. Qu’en sera-t-il des téléspectateurs consommateurs ? Désormais impliquées activement pour tenter d’améliorer la vie des travailleurs, Annika va dénoncer la censure d’Aftenposten, le site qui diffuse le documentaire, qui leur aurait interdit de parler des usines du groupe H&M.

Souvenez vous, courant 2014, un important reportage avait levé le voile sur l’horreur des usines au Cambodge à travers le cas symbolique d’H&M. Les regards internationaux s’étaient portés un instant sur les conditions d’existence dramatiques de jeunes ouvrières suite à l’effondrement d’une usine qui va emporter la vie de centaines d’entre-elles. Il est possible de revoir ce documentaire en intégralité ici.

La série de 4 épisodes est consultable gratuitement, en anglais sous-titré, sur le site officiel.

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