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Vivre et Comprendre

“Il est de la responsabilité de tous de veiller à ce que les nouveaux moyens de diffusion de l'information se traduisent par un enrichissement, et non un appauvrissement du patrimoine culturel mondial.” Pierre Joliot

La mémoire génétique, comment nous savons des choses que nous n’avons jamais apprises

«J’ai rencontré mon premier autiste il y a 52 ans et ai toujours été intrigué par certaines de leurs incroyables capacités», écrit le docteur Darold Treffert, spécialiste de l’autisme, dans Scientific American.

«L’une des choses les plus étonnantes et les plus fréquentes pour beaucoup d’autistes que j’ai vu est qu’ils connaissent clairement des choses qu’ils n’ont jamais apprises

Ainsi, Leslie Lemke est un virtuose musical même s’il n’a jamais eu une leçon de musique dans sa vie. Comme «Blind Tom» Wiggins, un siècle plus tôt, son génie musical est apparu si jeune et de façon si spontanée qu’il n’a pas pu apprendre ce qu’il savait. Dans les deux cas, des musiciens professionnels ont confirmé que Leslie Lemke et Tom Wiggins avaient une connaissance innée «des règles de la syntaxe musicale».

Autre exemple semblable, Alonzo Clemons qui n’a jamais reçu une leçon sur l’art dans sa vie. Jeune enfant, après une blessure à la tête, il a commencé à sculpter et était capable en une heure de modeler parfaitement un animal sans oublier le moindre muscle ou tendon.

L’accès inné d’un autiste à des connaissances artistiques, mathématiques, musicales, linguistiques en absence de tout enseignement et en présence d’un handicap majeur est considéré par Darold Treffert comme la preuve de la réalité d’une mémoire génétique enfouie dans notre cerveau.

«La mémoire génétique est un savoir-faire complexe et une connaissance sophistiquée hérités parmi d’autres caractéristiques physiques et de comportement innées et considérées comme telles.»

Le concept de mémoire génétique n’est pas totalement nouveau et ne tient pas seulement à la découverte de génies accidentels. Carl Jung a utilisé le terme de«collective unconscious» (inconscient collectif) pour définir un concept encore plus large que la mémoire génétique qui regroupe les comportements, intuitions et traits de caractère hérités de notre passé biologique.

Nous avons tendance à nous considérer comme une magnifique machine génétique avec un processeur, le cerveau, et un disque dur presque vide (la mémoire) que nous remplissons en accumulant expériences et enseignements. Les histoires extraordinaires d’autistes géniaux accidentels montrent que cette vision ne correspond sans doute pas à la réalité.

Nous avons, programmé en nous, un nombre important de talents et de connaissances, «des logiciels installés d’office». Et ces talents enregistrés apparaîtraient de façon éclatante à l’occasion de maladies ou d’accidents qui les activeraient ou forceraient des connexions nouvelles entre certaines régions du cerveau humain.

Voilà de quoi alimenter l’éternelle querelle entre l’inné et l’acquis.

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