Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Vivre et Comprendre

“Il est de la responsabilité de tous de veiller à ce que les nouveaux moyens de diffusion de l'information se traduisent par un enrichissement, et non un appauvrissement du patrimoine culturel mondial.” Pierre Joliot

Un système solaire plus habitable que prévu

Alors qu’ils ont maintenant la quasi certitude que Mars a pu abriter la vie par le passé, les chercheurs se demandent si d’autres corps de notre système solaire ne pourraient pas être habitables, voire habités. Plusieurs missions prévues d'ici à 2020, notamment vers les lunes glacées de Jupiter, devraient répondre à leur question.

 

La recherche de vie extraterrestre est depuis longtemps synonyme de recherche d’eau liquide. Et pour cause : partout où il y a de l’eau liquide sur Terre, on trouve quasi-systématiquement de la vie. Ce principe a ainsi conduit les exobiologistes à lier la zone d’habitabilité des systèmes planétaires à l’éloignement de l’étoile : n’étaient habitables que les corps situés à une distance où l’énergie apportée par les radiations de l’étoile permettait le maintien d’une eau à l’état liquide. Ce qui, dans le système solaire correspond à une bande située entre les orbites de Vénus et celle de Mars.

 

 

Une planète rouge, aride mais remplie d’eau

Or, si l’on n’a pas trouvé la moindre trace d’humidité sur Vénus, les missions martiennes qui se sont succédées depuis le milieu des années 1990 ont apporté la preuve que la planète rouge regorge d’eau, que ce soit sous forme de glace, de vapeur ou de minéraux hydratés. « Si on combinait tous les dépôts de glace d’eau détectés à ce jour, ce qui inclut notamment la calotte de 1 000 kilomètres de diamètre qui recouvre le pôle Nord de Mars, note Franck Montmessin, directeur de recherche au Latmos1on obtiendrait une masse d’eau équivalente à celle d’un océan global de 30 mètres environ de profondeur. »La découverte de formations géologiques similaires aux réseaux fluviaux terrestres indique que, par le passé, l’eau a abondamment coulé et que la planète a donc un jour été habitable, si ce n’est habitée. Malheureusement, aujourd’hui, on ne trouve plus d’eau liquide stable à la surface de Mars. En effet, la très faible pression atmosphérique martienne fait que la glace d’eau, quand elle fond, ne s’y transforme pas en liquide, mais se sublime directement en vapeur d’eau.

 

La piste du méthane

Les chercheurs n’ont toutefois pas abandonné la traque aux indices d’une vie martienne, présente ou passée. Surtout depuis que plusieurs équipes indépendantes ont détecté des bouffées de méthane dans l’atmosphère martienne. Or, si la présence de méthane est souvent liée à une activité biologique, elle peut aussi résulter de processus géophysiques comme le volcanisme. La sensibilité des appareils actuels ne permet pas pour l’instant de déterminer l’origine de ce gaz. « L’orbiteur de la mission européenne ExoMars-2016 sera équipé de deux spectromètres qui augmenteront les seuils de sensibilité d’un facteur 10 à 100, précise Franck Montmessin. Ils permettront d’établir un premier inventaire détaillé des gaz présents dans l’atmosphère martienne, ce qui pourra apporter des éléments pour contraindre les hypothèses sur l’origine du méthane détecté. » Les rovers des missions ExoMars-2018 et Mars 2020 se chargeront ensuite de creuser le sol et d’analyser des roches vieilles de plus de 3 milliards d’années, quand la planète disposait d’une atmosphère bien plus dense, qu’elle connaissait alors une activité volcanique importante et que l’eau liquide y abondait et y persistait. Avec l’espoir d’y trouver les traces d’une chimie prébiotique, voire d’une activité biologique.

De la vie sous la glace ?

Parallèlement aux efforts déployés pour autopsier notre voisine, les données collectées par les sondes Galileo et Cassini ont montré que Mars n’était peut-être pas le seul corps du système solaire à avoir pu abriter une vie extraterrestre. « De récentes découvertes sur les lunes de Jupiter et de Saturne ont complètement remis en cause nos notions d’habitabilité, avoue Athéna Coustenis, planétologue et directrice de recherche au Lésia2Les effets de marée qu’exercent les géantes gazeuses sur leurs lunes glacées leur procurent une source d’énergie constante qui entretient leur activité géologique et permet l’existence d’océans liquides sous la glace ; ce qui les rend potentiellement habitables. » Rien qu’autour de Jupiter, si Europe apparaît comme la candidate la plus prometteuse, avec son océan de 100 kilomètres de profondeur, Callisto pourrait, elle aussi, cacher un océan sous une épaisse couche de glace. Quant à Ganymède, le plus gros satellite du système solaire, on le soupçonne d’être recouvert d’un millefeuille alternant couches glacées et liquides.

 

C’est dans ce contexte que l’Agence spatiale européenne (ESA) a validé, en novembre dernier, la mission Juice (Jupiter Icy Moon Explorer), la première grande mission du programme Cosmic Vision 2015-2025. « Juice permettra, entre autres, de déterminer l’habitabilité des satellites de Jupiter : Europa, Ganymède et Callisto, explique Athéna Coustenis. L’orbiteur emportera une dizaine d’instruments, certains dévellopés par des équipes du CNRS, destinés à l’étude de l’atmosphère et de la magnétosphère jovienne ainsi qu’à la caractérisation de ces lunes, de leur exosphère et de leur océan enfoui sous la glace. » Le lancement est prévu en 2022, pour une mise en orbite autour de Ganymède en 2030, juste après avoir survolé Europe à deux reprises.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article