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Vivre et Comprendre

“Il est de la responsabilité de tous de veiller à ce que les nouveaux moyens de diffusion de l'information se traduisent par un enrichissement, et non un appauvrissement du patrimoine culturel mondial.” Pierre Joliot

Ce viticulteur a tout quitté pour dénoncer le scandale des insecticides

Ce viticulteur a tout quitté pour dénoncer le scandale des insecticides

Ce viticulteur a tout quitté pour dénoncer le scandale des insecticides

Fruit d’une enquête de plus de deux ans, le documentaire « Insecticide mon amour » a été réalisé par un ouvrier viticole de Saône-et-Loire qui, non content d’avoir été contraint de pulvériser des insecticides sur ses vignes saines, a décidé de quitter son travail pour comprendre d’où venait le problème…

En 2010, « Pesticide mon amour », le documentaire d’Erik Fretel (sur une idée originale de l’Association Faune et Flore de l’Orne), abordait déjà, avec humour et perspicacité, les méfaits des pesticides utilisés dans nos jardins, bords de routes, parcs, voies ferrées, potagers, rues… Faisant référence à son titre, Guillaume Bodin a décidé, cette fois, d’aborder la problématique des insecticides utilisés par les vignerons, avec ou sans leur consentement.

Pour cet amoureux de la nature, son « déclic » vient d’un arrêté préfectoral de Saône-et-Loire qui imposait à tous les viticulteurs un traitement préventif à base d’insecticides contre la flavescence dorée. Cet épandage a provoqué chez lui, et d’autres vignerons, des symptômes inquiétants (saignements de nez et maux de tête) qui l’ont fait réagir et s’interroger. Il a alors voulu comprendre pourquoi et qui avait pris cette décision sans prendre en compte les risques sur la santé et l’environnement que cela engendrait…

Seul, il s’est lancé dans la réalisation d’un film entièrement autoproduit en partant à la rencontre de nombreux acteurs du milieu viticole et scientifique. Il a notamment rencontré Emmanuel Giboulot, ce vigneron qui avaitrefusé de traiter ses vignes aux insecticides en risquant 6 mois de prison et 30.000 euros d’amende (et fut finalement relaxé), ou Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS et lanceur d’alerte sur les effets catastrophiques de l’utilisation de ce type de produits sur l’environnement.

Ces témoignages recoupés soulignent, entre autres, l’incohérence des décisions prises « d’en haut » , totalement déconnectées des réalités du terrain mais, surtout, inconscientes des conséquences catastrophiques que cet épandage généralisé provoque : appauvrissement des sols dû à la disparition de la vie et son impact négatif sur la santé des plantes, disparition des pollinisateurs ou des vers de terre et donc des oiseaux qui s’en nourrissent… Certains vignerons précisent même que le danger de la flavescence dorée, bien que réel (car il tue la vigne), peut, avec de bonnes prospections, être géré convenablement étant donné la vitesse de propagation peu élevée de cette maladie.

Guillaume Bodin utilise aussi les archives pour montrer qu’il y a 50 ou 60 ans d’ici, on connaissait déjà les dangers encourus par la population suite à l’utilisation de ces produits dangereux (augmentation du nombre d’intoxications ou de cancers). Il est donc d’autant plus incompréhensible et grave que, dans la prise de décision des autorités, l’impact de ces produits toxiques pour l’environnement, les viticulteurs, les riverains et les consommateurs ne soit pas pris en compte ! De nombreux viticulteurs auraient d’ailleurs contracté des leucémies, la maladie de Parkinson ou la maladie d’Alzheimer sans que celles-ci ne soient toutefois reconnues comme maladies professionnelles. Ils sont de plus en plus de « professionnels de la terre » à remettre en question ces pratiques nocives. Un collectif de vignerons essaye même de faire évoluer le dossier vers un plus grand respect de l’environnement.

Souhaitant qu’il soit vu par le plus grand nombre, Guillaume Bodin, en collaboration avec son éditeur, va sortir le film uniquement en VOD sur internet à 1€ pour 30 jours sur le site montparnassevod.fr (avec la possibilité de l’offrir à un ami gratuitement). Il espère, par ce moyen démocratique, pouvoir financer une distribution télévisuelle plus large et quelques projections en salles pour acquérir plus de visibilité et, au final, stimuler le changement.

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