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Vivre et Comprendre

“Il est de la responsabilité de tous de veiller à ce que les nouveaux moyens de diffusion de l'information se traduisent par un enrichissement, et non un appauvrissement du patrimoine culturel mondial.” Pierre Joliot

Aidons tous les jeunes à créer leur entreprise !

Aidons tous les jeunes à créer leur entreprise !

Diplômés ou non, les jeunes français sont de plus en plus à voir dans l’entrepreneuriat le projet de leur vie. Ils sont aussi désireux d’une aide pour se lancer.

Le nombre de créations d’entreprises a reculé de 1,8 % en mai 2015 en France après une baisse de 1 % le mois précédent. Sur un an, cet indicateur affiche une baisse de 1,3 %. A partir de 1997, avec les premières réformes en matière de création d’entreprise, les Français ont repris goût à l’entrepreneuriat. Ils étaient près de 170.000, ils sont aujourd’hui aux alentours de 600 000. Cet étiage atteint, les statistiques de l’Insee stagnent désormais !

C’est certain, les arbres ne grandissent pas jusqu’au ciel. Pourtant, d’un point de vue sociologique, derrière l’arbre des chiffres se cache une superbe forêt : celle d’une mutation. Les jeunes Français, et tout particulièrement les étudiants (de l’ingénieur à l’artisan) sont « dingues » de création d’entreprise. La dernière promotion du concours du Mouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs (Moovjee) est éloquente à ce titre. « Startupeurs », industriels, éditeurs, tous les secteurs sont investis.

A rechercher l’augmentation du nombre de créations, on en oublie de s’intéresser au profil des candidats. En 1997, une étude réalisée avec le Salon des entrepreneurs fit résonner un chiffre terrifiant : parmi les étudiants les mieux formés, seuls 3 % désiraient entreprendre. Pire, près de 80 % de la jeune génération vibrait pour le statut rassurant de fonctionnaire.

En 2015, les choses ont évolué, 30 % des jeunes s’entichent désormais avec acharnement d’un projet de création d’entreprise. Cela n’élude pas pour autant les 122.000 jeunes sortant sans diplôme du système éducatif (ministère de l’Education nationale) et cette autre statistique assourdissante : 17 % des jeunes en capacité de travailler restent demandeurs d’emploi (source : Dares). Soit 8 points de plus que la moyenne européenne.

S’ils sont de plus en plus à voir dans l’entrepreneuriat le projet de leur vie ; s’ils sont de moins en moins à être angoissés par ce qu’ils appelaient le manque d’expérience – considérant qu’il fallait s’enkyster dans une grande organisation pour apprendre l’agilité qui caractérise chaque créateur d’entreprise, ils sont tous, en revanche, désireux d’une aide pour se lancer.

Aux Etats-Unis, Network for Teaching Entrepreneurship (NFTE) et YAB (Youth About Business) ont accompagné ces vingt-cinq dernières années près de 600.000 jeunes défavorisés vers l’entrepreneuriat. En France, le Moov­jee, ou Entreprendre pour apprendre, qui se consacre aux lycées attirés par l’envie d’indépendance, en accompagnent, « mentorent », financent, soutiennent plusieurs milliers.

L’apprentissage en entreprise avant de se lancer n’a plus valeur d’exemple. Donc, la création d’entreprise devrait bénéficier, chaque année un peu plus, de l’engouement des étudiants et des jeunes en général. Là doit être notre ambition. En 2015, sur 34 % des jeunes qui déclarent vouloir créer une entreprise durant leur parcours professionnel, 66 % veulent le faire avant l’âge de 30 ans, soit quelque 660.000 jeunes (source : APCE, CIC).

Le Moovjee a récemment proposé aux pouvoirs publics de mettre en place l’engagement civique entrepreneurial. Il s’agit d’élargir le service civique à la création d’entreprise accompagnée, en aidant tous les jeunes qui le souhaitent à construire leur projet professionnel et favoriser la création et la reprise d’entreprise. Ce programme d’accompagnement des jeunes, d’une durée de 8 à 12 mois, serait doté d’un soutien financier. Il s’agirait d’une gratification de 573 euros prévue lorsqu’on effectue un service civique. Contractuelle, elle serait liée à l’accompagnement bénévole par un pair, un « mentor ». Lorsque sera accrédité ce dispositif innovant, le Moov­jee sera en mesure de proposer un accompagnement à 10.000 services civiques les premières années ; puis à 20.000 services civiques « créateurs d’entreprise accompagnés ». La vague part de loin, l’onde de choc va s’amplifier, aidons les jeunes, accompagnons-les !

Dominique Restino est président du Moovjee et de l’Agence pour la création d’entreprise.

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