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Vivre et Comprendre

“Il est de la responsabilité de tous de veiller à ce que les nouveaux moyens de diffusion de l'information se traduisent par un enrichissement, et non un appauvrissement du patrimoine culturel mondial.” Pierre Joliot

Accusée d’espionnage, une Valenciennoise emprisonnée en Turquie

Voilà trois ans que Charlotte Lecaille, 28 ans, a quitté son Valenciennois natal pour enseigner le français à Istanbul. Mais l’aventure a tourné court ce lundi. La jeune femme a été interpellée par les autorités turques. Les médias locaux parlent d’une espionne qui aurait incité les migrants à l’émeute.

Charlotte Lecaille, une espionne qui œuvrerait pour d’obscurs groupuscules à la solde des services de renseignements ? Voilà qui ferait presque sourire sa plus jeune sœur Justine, si la situation n’était pas aussi préoccupante. « Ma sœur est passionnée par la Turquie. Cela fait trois ans qu’elle vit à Istanbul. Elle a commencé comme assistante en langue étrangère, dans le cadre d’un échange de professeurs. Et à présent, elle est à son compte et enseigne le français à des particuliers. »

À Istanbul, la jeune femme côtoie régulièrement des migrants qui transitent par cette ville. « Elle s’intéresse à leur histoire. Mais elle ne fait partie d’aucun groupuscule politique. C’est juste une femme extrêmement humaine ! Sans être activiste, c’est quelqu’un qui peut répondre à un mouvement spontané de solidarité »

« Pour l’instant, on ne sait toujours pas ce que les autorités turques lui reprochent officiellement»

Ce lundi, Charlotte se serait donc rendu à la gare routière d’Esenler, à Istanbul, où se trouvaient quantité de Syriens. C’est qu’elle avait entendu dire que « les compagnies de bus avaient la consigne de ne vendre aucun billet à l’international aux réfugiés syriens pour éviter l’hémorragie vers l’Europe ». Les Syriens auraient alors décidé de prendre la direction, à pied, d’Edirne, non loin des frontières grecques et bulgares. C’est là que la Valenciennoise se serait fait interpeller. « Pour l’instant, on ne sait toujours pas ce que les autorités turques lui reprochent officiellement. » Elle était alors avec une Allemande, Nora Sophia, et trois Syriens. L’un d’eux était « à la recherche de son frère, comme de nombreuses familles syriennes, avance Justine. Charlotte et Nora étaient venues les aider. Et ils se sont fait arrêter sur la route vers Edirne. »

« Elle n’a qu’une envie : pouvoir rentrer en France au plus vite »

Justine a été la première de sa famille à apprendre la nouvelle, ce mardi, par des amis de sa sœur. « Charlotte a pu appeler des amis avant d’être transféré dans un centre de détention provisoire administratif. Puis ils m’ont prévenue. » Avant d’alerter le consulat de France. « Trois heures après, Charlotte voyait un avocat. »

Deux avocats missionnés par le consulat de France sont aussi en contact régulier avec la jeune femme. Ses parents ont réussi à la joindre. « Elle a dit qu’elle allait bien, elle n’est pas maltraitée. Mais elle n’a qu’une envie : pouvoir rentrer en France au plus vite. » Reste que les administrations, en cette fête Aïd-el-Kébir, sont fériées jusqu’en début de semaine prochaine.

Accusée d’espionnage, une Valenciennoise emprisonnée en Turquie

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