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Vivre et Comprendre

“Il est de la responsabilité de tous de veiller à ce que les nouveaux moyens de diffusion de l'information se traduisent par un enrichissement, et non un appauvrissement du patrimoine culturel mondial.” Pierre Joliot

Tués vendredi soir, ils s'appelaient Véronique, Pierre, Manu...

Tués vendredi soir, ils s'appelaient Véronique, Pierre, Manu...

À 20 heures vendredi, devant le Bataclan, il publiait une photo de l'annonce du concert des Eagles of Death Metal avec ce commentaire : "Rock!" Pierre Innocenti, le patron du très couru restaurant italien Chez Livio, fait partie des victimes. Avec son ami Stéphane Albertini. Leurs amis, sans nouvelles d'eux depuis la veille, avaient lancé plusieurs appels à témoins. Vers 15 heures, comme pour croire encore à une de leurs plaisanteries, un fidèle du restaurant postait sur le mur de Stéphane : "Stéphane, Pierro, qu'est-ce que vous foutez? Les clients de la 5 gueulent parce qu'ils veulent commander, et ceux de la 12 vont finalement être 2 de plus. On vous attend!!!" Une heure plus tard, les copains apprenaient par la petite amie de Pierre qu'il était décédé. Stéphane, qui s'était rendu au concert avec un tee-shirt du groupe et un pull blanc, n'a pas survécu.

Ancienne collaboratrice du Figaro Madame, âgée de 54 ans, mère de deux enfants qu'elle a adoptés à Madagascar, elle a abandonné sa carrière de journaliste mode il y a un peu plus d'un an pour se consacrer à l'association humanitaire Zazakely Sambatra, "enfants heureux" en malgache, qu'elle avait créée en 2004. Elle avait notamment fait construire un dispensaire à Antanety et des puits dans des villages de brousse. "Elle était encore à Tananarive le mois dernier, raconte une amie de plus de vingt ans. Véronique se battait pour que tout soit beau. Elle faisait toujours attention aux autres. C'était un rayon de soleil dans le quartier. Ce qui m'a toujours épaté chez elle, c'est son énergie, elle ne s'arrêtait jamais." Elle se trouvait près de son domicile, à la terrasse du restaurant La Belle Équipe, avec des amis pour parler de ses projets humanitaires quand les coups de feu ont éclaté. Son mari, le photographe Stéphane de Bourgies, était parti en déplacement en Chine. Leurs deux enfants étaient chez des voisins. Reste sur sa page Facebook son sourire lumineux auprès de son mari et de son fils et de sa fille. Mais aussi des 200 enfants parrainés via l'association.

Originaire d'Amiens, 32 ans, vivant à Paris depuis des années. "Mon frère, qui jouait de la guitare, avait réussi à faire de sa passion, la musique, son métier. Il adorait aller aux concerts", témoigne Jérémy, en cherchant ses mots. "C'était un modèle, quelqu'un de très aimé, apprécié dans le métier. Il était fou de musique, totalement passionné et d'une grande générosité", ajoute Amin Abdellaoui, chargé de la promotion du groupe SUM 41 en France.

Après avoir démarré sa carrière au service presse chez Barclay, ce garçon qui ne se prenait jamais au sérieux mais aimait très sérieusement la musique et particulièrement le groupe Queens of the Stone Age, donc Eagles of Death Metal qui partageait le même chanteur Josh Homme, avait travaillé au service marketing chez Polydor. "Douceur et gentillesse" sont les deux mots qui le définissaient, selon ses anciens collèges. Âgé d'une petite quarantaine d'années, ce père de deux petites filles, fan de skate et de surf, s'était retiré depuis quelques années de l'industrie du disque.

Quand on avait besoin d'un spécialiste du hard rock, c'est lui qu'on appelait. Guillaume B. Decherf avait le look de ses idoles, Iron Maiden ou AC/DC : le cheveu brun mi-long. Dans les rédactions (JDD, Libération, Inrockuptibles), son humilité et sa bonne humeur en faisaient un excellent camarade de bureau. Pour les concerts, aux carrés VIP il préférait la fosse. C'est là que ce père de deux petites filles à la carrure imposante contrastant avec un calme olympien devait se trouver au Bataclan le 13 novembre pour le concert des Eagles of Death Metal. Le mois dernier, il s'était réjoui à chroniquer leur dernier album pour Les Inrockuptibles, s'impatientant déjà de les entendre en live lors de leur venue à Paris.

Son père Georges l'a cherchée toute la nuit de vendredi et la journée de samedi, émouvant les twittos par sa dignité et sa détresse. À 19 heures, samedi, il annonçait avoir eu confirmation de son décès lors de l'attaque du Bataclan. Lola Salines, grande brune, souriante et sensible, âgée de 29 ans, était éditrice chez Gründ. Elle avait notamment édité L'Encyclo des filles, un des succès de la maison. "Une chouette fille, pleine d'énergie", selon un de ses auteurs. "Elle était rigoureuse et hyperdrôle. Quand elle faisait des critiques, elles étaient constructives. Lola n'était jamais dans le rapport de force, mais toujours bienveillante." La jeune femme aimait faire du roller dans une équipe de rollerderby. "Une fille en or", saluait sur Twitter la gameuse Kayane, spécialiste de e-sport.

"La cellule de crise nous a longtemps dit qu'il ne faisait pas partie des victimes. Alors on l'a appelé pendant des heures et des heures pour savoir où il était. On a téléphoné à tous les hôpitaux. Finalement, sa copine nous a prévenus qu'il était mort, que son corps avait été emporté à l'institut médico-légal et qu'on ne pourrait pas le voir avant lundi", témoigne son père Norbert, anéanti. "Dans quel état vais-je retrouver mon gamin vu le massacre? Qu'est-ce qu'ils ont fait ces salauds!" Diplômé d'un BTS de radio, Christophe, 33 ans, avait finalement monté l'entreprise Luminol, créant des sites Internet pour révéler des peintres, des chanteurs… "La musique, c'était sa vie. Adolescent, des pochettes de disque de Nirvana décoraient ses murs. Il dormait avec sa guitare au pied du lit. Il avait monté un groupe, Oliver, et sorti un CD. D'ailleurs, il envisageait d'en faire un nouveau", raconte Patricia, sa mère. Ce fan de foot, de metal et de hard rock écrivait des chansons et courait les concerts, au Zénith, à la Boule noire, au Bataclan… "Il aimait se mettre dans la fosse pour être au contact des chanteurs, leur parler, échanger, avoir des autographes."

Ce couple dont les photos rayonnant de bonheur ont circulé sur les réseaux sociaux était originaire de Metz, où ils avaient étudié, et venait de s'installer à Paris. Mathias Dymarski travaillait comme ingénieur travaux, et avait pour passion le BMX (où il a décroché des titres en amateur), et Marie Lausch, qui avait suivi des études de communication en entreprises, venait de terminer une mission pour un groupe de cosmétiques.

Le jeune homme de 25 ans buvait un verre avec des amis au bar-restaurant La Belle Équipe, à l'angle des rues de Charonne et Faidherbe, à deux pas de chez lui au moment des fusillades. À 2 h 50, sa mère, Dominique Kielemoes, adjointe (PS) au maire du 11e, tweetait : "Pas de nouvelles de Victor Munoz blessé à la belle équipe, Hôpital inconnu? Qui peut m'aider?" Elle apprenait hier en fin de matinée que son plus jeune fils était décédé des suites de ses blessures. Victor, né à Barcelone et passionné par les voyages, a vécu onze ans en Espagne et un an à Prague, en République tchèque. À 13 ans, il avait créé son premier site Web (poetiques.org). Titulaire d'un Master 2 spécialité Digital Business, il venait tout juste de terminer ses études à l'ESG Management School, une école supérieure de commerce à Paris. En stage dans une start-up, ce spécialiste du webmarketing et du SEO (optimisation pour les moteurs de recherche sur Internet) était maintenant à la recherche d'un CDI pouvant lui offrir des "responsabilités managériales", comme il l'écrivait dans une récente lettre de motivation.

Diplômé de la London School of Economics, ce jeune homme de 26 ans était employé au bureau parisien du prestigieux cabinet international d'avocats Hogan Lovells et spécialisé dans la lutte contre le crime en col blanc.

Le JDD a également eu confirmation des décès de : Mayeul Gaubert, juriste, âgé de 30 ans ; Romain Didier, 33 ans, barman ; Fabrice Dubois, concepteur rédacteur chez Publicis Conseil ; Quentin Boulenger, 29 ans, originaire de Reims, mais habitant Paris depuis de nombreuses années ; Thierry Hardouin, 41 ans, deux enfants, sous-brigadier en poste en Seine-Saint-Denis, au dépôt. Il aurait été dans le quartier Charonne pour célébrer l'anniversaire de sa fille ; Mathieu Hoche, cameraman France 24, père d'un enfant de 6 ans. La maison de musique Mercury déplore la mort de Précilia Correia et Marie Mosser, 24 ans, assistante marketing digitale.

Des ressortissants étrangers : les Belges Milko Jozic, ingénieur, et sa compagne Elif Dogan. Selon le journal La Meuse, ces deux ­Liegeois étaient venus s'installer à Paris, dans la rue du Bataclan, il y a seulement quatre mois. Un Portugais de 63 ans qui résidait à Paris et travaillait dans le transport de passagers : il serait mort alors qu'il se trouvait aux abords du Stade de France. Deux sœurs tunisiennes, Halima et Houda Ben Khalifa Saadi, âgées de 34 et 35 ans, originaires de Menzel Bourguiba près de Bizerte (Nord), mais vivant dans la région du Creusot (Centre-Est), auraient été tuées alors qu'elles étaient venues à Paris pour fêter l'anniversaire d'une amie. Alberto Gonzalez Garrid, un Espagnol de 29 ans, figure aussi parmi les morts du Bataclan. Deux ressortissants roumains. Une étudiante américaine Nohani Gonzalez, 23 ans, de l'université Long Beach en ­Californie. Le jeune violoniste algérien Kheireddine (Divine) Sahbi. Un Suédois serait aussi parmi les victimes

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