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Vivre et Comprendre

“Il est de la responsabilité de tous de veiller à ce que les nouveaux moyens de diffusion de l'information se traduisent par un enrichissement, et non un appauvrissement du patrimoine culturel mondial.” Pierre Joliot

Avant de voter... Dix preuves que Marine Le Pen n'est pas une grande amie de la liberté de la presse

Avant de voter... Dix preuves que Marine Le Pen n'est pas une grande amie de la liberté de la presse

Dans une lettre ouverte, Marine Le Pen fustige "La Voix du Nord" et dit son attachement à l'indépendance des médias. Pourtant, la présidente du FN s'est déjà écharpée à de nombreuses reprises avec les médias.

"La profession de journaliste est, à mes yeux, indissociable de la démocratie et de la liberté. Personne davantage que moi ne mesure combien notre liberté de la presse est indispensable. (...) Elle conditionne et garantit la liberté de tous les citoyens." Le président de Reporters sans frontières ? Non : Marine Le Pen ! Attaquée par La Voix du Nord, lundi 30 novembre, la tête de liste du Front national en Nord-Pas-de-Calais-Picardie a vivement réagi par l'intermédiaire d'une lettre ouverte, mardi, dans laquelle elle se pose en avocate zélée de la liberté de la presse. Une posture qui interpelle, quand on sait que ces derniers mois et ces dernières années, la présidente du Front national ne s'est pas toujours comportée comme tel. La preuve en dix exemples.

1. Novembre 2015 : elle quitte le plateau de France Inter après qu'un journaliste a vérifié ses propos

Dernier exemple en date sur France Inter, le 19 novembre. Marine Le Pen est l'invitée du journaliste Patrick Cohen, six jours après les attentats de Paris. La patronne du FN demande la démission de Christiane Taubira, en affirmant que la garde des Sceaux a dit par le passé qu'il fallait "comprendre les jeunes qui partent en Syrie".

La radio diffuse alors l'enregistrement des propos réellement tenus par Christiane Taubira, qui prouve que Marine Le Pen a fait un raccourci trop rapide. Prise en flagrant délit d'intox, Marine Le Pen décide alors de quitter le plateau pendant la coupure pub.

2. Novembre 2015 : elle pose un lapin au site Metronews, invoquant sa "ligne partisane"

Dans le cadre des élections régionales, les journalistes du site Metronews doivent rencontrer à Strasbourg (Bas-Rhin) la présidente du Front national, pour un entretien filmé. Mais quelques heures avant le rendez-vous, le 25 novembre, Marine Le Pen annule purement et simplement la rencontre.

Auprès du journaliste de Metronews, la collaboratrice de Marine Le Pen invoque alors "la ligne partisane" dont le site internet aurait fait preuve dans "certains articles", et qui aurait provoqué une "rupture du rapport de confiance" avec la présidente du FN.

3. Octobre 2015 : elle annule sa venue à "Des paroles et des actes" et fustige "la servilité" de David Pujadas

Le 22 octobre, Marine Le Pen engage un bras de fer médiatique avec France 2. Invitée de l'émission "Des paroles et des actes", la candidate frontiste dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie refuse de débattre avec Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, et Jean-Christophe Lagarde, le président de l'UDI. Elle annule alors sa venue, à quelques heures du début de l'émission.

"L'amateurisme et la servilité de David Pujadas ont transformé aujourd'hui l'organisation de cette émission en véritable pantalonnade", écrit Marine Le Pen dans un communiqué. "Fuir le débat constitue le pire des choix pour un représentant politique qui sollicite les suffrages de ses concitoyens, lui répond la société des journalistes de France 2, le lendemain. Et les insultes à l'encontre de notre confrère sont indignes du chef d'un parti qui se revendique démocratique."

4. Juin 2015 : elle lance un appel vengeur sur Twitter contre un journaliste de BFM Business

Quand ce n'est pas les médias que Marine Le Pen critique, c'est parfois les journalistes eux-mêmes. En juin dernier, la présidente du FN s'indigne ainsi de la façon dont Yann-Antony Noghès, le présentateur de "500 Millions d'Européens" sur BFM Business, couvre la constitution d'un groupe d'extrême droite au Parlement européen.

Selon le journaliste lui-même, elle lui reproche en particulier un sujet, dans lequel il évoque "les faits d'armes de ses alliés sulfureux au Parlement européen". Sur Twitter, Marine Le Pen lance alors une fatwa, appelant ses militants à "faire savoir" au journaliste que son traitement de l'actualité est, à ses yeux, "absolument honteux".

5. Février 2015 : elle accuse l'AFP de "propagande pro-gouvernementale"

En février 2015, l'Agence France-Presse réalise un reportage sur la législative partielle dans le Doubs, qui oppose un candidat socialiste à une candidate frontiste. L'agence évoque notamment "l'affluence au bureau de vote du candidat PS". Pas du goût de Marine Le Pen, qui écrit sur Twitter : "L'agence d'Etat n'a plus de limites dans la propagande pro-gouvernementale."

lors d'une conférence de presse à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 14 septembre 2013. (MAXPPP)

6. Février 2015 : elle compare France 2 à Pol Pot

Un reportage ne lui plaît pas ? Elle crie à la dictature contre le média qui le diffuse. En février 2015, France 2 diffuse un reportage intitulé "Père de gauche, fils au FN", dans lequel un ancien syndicaliste des hauts fourneaux d'ArcelorMittal raconte sa rupture avec son fils, depuis que ce dernier s'est engagé en faveur du Front national.

Après la diffusion de ce reportage, Marine Le Pen dénonce sur Twitter un "service public en mode Pol Pot", comparant donc France 2 à un dictateur cambodgien responsable d'un génocide qui a fait entre 1,5 et 2 millions de morts.

7. Févier 2015 : elle fait écarter un journaliste de Canal+ manu militari

A l'occasion de sa traditionnelle visite au Salon de l'agriculture, en février 2015, Marine Le Pen est questionnée par un journaliste de "La Nouvelle édition" de Canal+ à propos des dérapages des candidats FN lors de la campagne pour les élections départementales.

"Je ne parle pas à Canal+", répond la présidente du Front national. Le journaliste insiste, avant d'être finalement mis à l'écart de manière musclée par les gardes du corps de Marine Le Pen.

8. Novembre 2014 : elle refuse l'accréditation de Mediapart et du "Petit journal" au congrès du FN

Lors du congrès du Front national, qui se tient en novembre 2014 à Lyon (Rhône), le Front national refuse d'accréditer les journalistes du site Mediapart et du "Petit journal" de Canal+. "Marine Le Pen n’a toujours pas compris qu’en démocratie une presse est libre, et doit être autorisée à couvrir les partis avec les choix éditoriaux des médias et non les siens", commente alors François Bonnet, l’un des cofondateurs du site Mediapart.

En septembre 2014, le parti d'extrême droite avait déjà refusé l'accès de son université d'été à Mediapart. Marine Le Pen s'était alors défendue, arguant qu'elle n'avait pas été invitée par le site internet pendant la campagne présidentielle. "S’ils invitent tout le monde sauf moi, moi j’invite tous les journalistes sauf Mediapart", avait-elle lancé.

9. Mai 2014 : son directeur de cabinet veut "écraser"
et "rentrer dans le lard" des journalistes

Quand ce n'est pas directement Marine Le Pen qui s'en prend à des journalistes, c'est son directeur de cabinet qui s'en charge. En mai 2014, dans une discussion avec la journaliste du Point, Anna Cabana, Philippe Martel lâche alors : "On va vous marcher dessus. On va vous rentrer dans le lard. – Vous ? – Tous ces connards de journalistes institutionnels !"

Le plus proche collaborateur de Marine Le Pen développe sa pensée : "De toute façon, les Français vous détestent. Notre plan média, c’est de vous attaquer à mort. La presse nous est défavorable, pourquoi continuer à collaborer avec elle ?"

10. Avril 2013 : elle accuse Anne-Sophie Lapix de faire preuve de "racisme contre le FN"

Invitée de l'émission politique "Dimanche Plus" sur Canal+ en avril 2013, la présidente du FN s'emporte sur le plateau. Alors que la présentatrice Anne-Sophie Lapix l'interroge sur les condamnations pour "discrimination et provocation à la haine raciale", "favoritisme, fausses factures et emplois fictifs" et "détournement de fonds publics" prononcées contre trois maires frontistes, Marine Le Pen accuse la journaliste de "racisme".

"Vous savez qu'on peut se faire condamner pour racisme avec les propos que vous venez de tenir, là, madame ? C'est du racisme, vous voyez, vous en faites à l'égard du Front national. C'est scandaleux", lance Marine Le Pen.

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