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Vivre et Comprendre

“Il est de la responsabilité de tous de veiller à ce que les nouveaux moyens de diffusion de l'information se traduisent par un enrichissement, et non un appauvrissement du patrimoine culturel mondial.” Pierre Joliot

Le gaz de houille lorrain, le nouveau pari de Macron

Le gaz de schiste? Dépassé. Le ministre de l’économie Emmanuel Macron, en pleine réflexion sur la stratégie minière du pays, s’est trouvé une nouvelle passion: le gaz de houille lorrain. "Je suis favorable à la poursuite de l’exploration du gaz de houille en Lorraine, dont les réserves sont prometteuses et qui est bien accepté localement, indiquait le ministre le 24 mai lors du colloque Cyclope consacré aux matières premières. Les gisements de gaz de houille en France sont exploitables sans fracturation hydraulique, dans un territoire au passé minier favorable. C’est une opportunité industrielle à saisir." Le contexte stratégique invite à l’action, assure Emmanuel Macron: "Les réserves en mer du Nord se tarissent progressivement, elles accroissent notre dépendance à l’égard du gaz russe et du Moyen-Orient".

Gaz de houille, quésako? Ce gaz non conventionnel n’est autre que le fameux "grisou" qui effrayait tant les mineurs, un gaz piégé dans les veines du charbon et composé à plus de 95% de méthane. Il se trouve sous deux formes: le "gaz de mines", présent dans les galeries des anciennes mines, qui est déjà récupéré par pompage dans certaines mines désaffectées du Nord-Pas-de-Calais par la société Gazonor ; et le "gaz de couche", produit à partir de couches de charbon n’ayant pas donné lieu à une exploitation minière, en raison de leur profondeur ou de leur mauvaise qualité.

C’est ce gaz de couche que veut exploiter la Française de l’Energie (FDE), PME d’une vingtaine de salariés basé à Forbach (Moselle), dont l’introduction en Bourse est prévue le 8 juin prochain. Cette société, qui a cartographié en 3D les sous-sols lorrains depuis 2009, espère lever une cinquantaine de millions d’euros pour financer un plan d’investissement de 77 à 122 millions d’euros sur trois ans. L’objectif est ambitieux: FDE vise 15 puits de production opérationnels d’ici à fin 2018, ce qui permettrait de générer une production de plus de 700 millions de m3 sur douze ans. "Notre objectif est de fournir 5% de la consommation française de gaz en 2025, soit environ 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, explique Julien Moulin, PDG de la Française de l’Energie. L’idée est de vendre ce gaz en circuit court, en Lorraine et dans le grand Est de la France. Nous nous inscrivons pleinement dans la transition énergétique."

La PME ne manque pas d’arguments. Le potentiel du sous-sol lorrain, d’abord: il représente l’équivalent de 6 années de consommation de gaz en France, des ressources certifiées par BEICIP-Franlab, une filiale d’IFP Energies Nouvelles. "Le projet représente une fois et demi celui de Lacq", pointe Julien Moulin. Autre avantage: le gaz de houille est d’excellente qualité, avec 96% de méthane contre 93% pour le gaz importé, selon l’institut allemand IFEU. Surtout, l’empreinte carbone est dix fois plus faible que celle des gaz russe ou moyen-orientaux, toujours selon l’organisme allemand, du fait de la qualité du gaz et des moindres coûts de transports.

L’autre argument fort est la technique d’extraction adoptée par la société française. "On est exactement à l’opposé de la fracturation hydraulique pour exploiter les gaz de schiste: nous n’utilisons pas de produits chimiques, ni d’eau, souligne Julien Moulin. Nous obtenons le gaz par différentiel de pression, en utilisant les fissures naturelles du charbon." L’humidité du charbon étant pompée, la société assure même être productrice nette d’eau. L’empreinte au sol d’un puits est très limitée, assure FDE: la tête de puits fait deux mètres de haut, le puit fait 80 cm de diamètre. Pour éviter le risque de pollution des eaux souterraines, les forages sont réalisés selon le principe du triple coffrage: trois alternances de ciment et de tubage, soit 6 barrières entre le gaz et l’eau.

Malgré le faible prix du gaz, le moment est propice pour les investissements dans le gaz de houille, assure la PME française. "Le prix des équipements est bas, du fait de la faible demande aux industriels du secteur (Halliburton, Vallourec…)", souligne Julien Moulin. FDE veut aussi aller vite pour s’imposer comme le champion européen du secteur, avec des projets en Belgique et en Allemagne. FDE anticipe une valorisation entre 110 et 140 millions d’euros, et estime pouvoir créer 300 emplois directs. Elle a déjà obtenu des engagements de souscription pour 14 millions d’euros, dont 5 millions du Crédit Mutuel Nord Europe, et peut aussi compter sur le soutien du fonds RGreen Invest: ce fonds spécialiste des énergies vertes va apporter 60 millions d’euros de prêts.

en savoir plus sur:

http://www.challenges.fr/challenges-soir/20160527.CHA9769/apres-le-gaz-de-schiste-le-gaz-de-houille-lorrain-sur-lequel-parie-macron.html?utm_content=buffer7a724&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer

Le gaz de houille lorrain, le nouveau pari de Macron

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